An Attic Full of Trains, Alberto di Lenardo – Une histoire universelle

Couverture de "An Attic Full of Trains", Alberto di Lenardo, MACK, 2020
Couverture de « An Attic Full of Trains », Alberto di Lenardo, MACK éd., 2020

C’est un objet discret, d’une couverture de kraft et d’un format modeste, qui, ainsi un peu énigmatique, attrape votre curiosité. Je découvre An Attic Full of Trains (traduisez “un grenier plein de trains”), d’Alberto di Lenardo, alors que je suis en train d’en éplucher plus de 350 autres. Mon regard s’est immédiatement arrêté sur ses images intemporelles, le grain de son papier et la finesse du geste éditorial. Aussi, lorsque Thomas Hammoudi m’a invitée à chroniquer sur ses pages un livre un seul pour l’année 2020 (choix cornélien s’il en est), il m’a semblé que cet ouvrage, paru aux éditions MACK, méritait qu’on s’y attarde. 

Vous trouverez ici quelques extraits de ma chronique disponible en intégralité sur le site de Thomas Hammoudi. C’est un article qui plaira sans aucun doute aux amoureux de la photographie et des bibliothèques qui débordent. La parole est donnée à sept personnalités du monde de la photographie, dont je fais partie, pour des conseils de lecture pointus, osés et hétéroclites.

J’ai également eu la chance de pouvoir poser quelques questions à Carlotta di Lenardo – d’une générosité et d’une gentillesse infinies, à qui l’on doit la naissance d’An Attic Full of Trains. Vous trouverez un peu plus bas sous ces lignes, la retranscription de cette interview pleine d’anecdotes et de confidences sur cette aventure éditoriale.

An Attic Full of Trains © Alberto di Lenardo (éd. Carlotta di Lenardo), MACK éd., 2020

An Attic Full of Trains – Dévoiler juste assez pour attiser la curiosité

« La genèse d’An Attic Full of Trains est une histoire que nombre d’entre nous espèrent vivre. Il faut rêver d’un repas de famille dominical qui bascule, au gré d’une confession, et qui vous mène à la découverte d’un corpus de photographies endormies. Guidée par son grand-père Alberto, Carlotta di Lenardo découvre, alors qu’elle n’est âgée que de 16 ans, que son aïeul a conservé presque  l’intégralité des images qu’il a réalisées au long de sa vie. Plus de 11 900 au total. […].

Parlons de cette couverture. Juste une photo dans laquelle, le photographe caché dans l’ombre observe une femme, de dos, en train de se prêter elle-même à un attentif exercice d’observation, par une fenêtre donnant sur la rue. Et vous qui regardez cette photo. Il n’y a rien d’autre sur la couverture que cette image. Seul le titre est présent sur la tranche. Pas de nom, rien. […] Et lorsque que vous en avez tourné les premières pages, vous vous trouvez face à ces images dont aucune n’est datée, située ou annotée. 

Alors oui, certains diront qu’An Attic Full of Trains tire les ficelles, faciles, de notre amour pour les tons chauds du Kodachrome, et la nostalgie enchanteresse qu’il convoque. Oui, An Attic Full of Trains, est un peu de cela : une mélodie rassurante, presque réconfortante. Aussi, les mêmes seront tentés – peut-être pour légitimer la présence d’une photographie amateur sans prétention sur le marché de l’édition, de trouver une valeur ajoutée aux images d’Alberto dans les similitudes de certaines de ses compositions avec celles de ses contemporains italiens, comme Luigi Ghirri et Guido Guidi. Peut-être. […] »

Allez, c’est le moment d’aller lire ma chronique en intégralité !


Alberto di Lenardo (ed. Carlotta di Lenardo), from ‘An Attic Full of Trains’ (MACK, 2020). Courtesy the estate of the artist and MACK.

An Attic Full of Trains – Interview de Carlotta di Lenardo, découvreuse extraordinaire

Une histoire que bon nombre rêvent de connaître

Quelque chose noir : Carlotta, vous avez vécu une histoire que bon nombre de passionnés de photographie rêvent de connaître : la découverte d’un corpus de photographies en sommeil. De retour à cette époque, diriez-vous que vous aviez immédiatement saisi l’ampleur de cette trouvaille ?

Carlotta di Lenardo : Malheureusement non. Je dois dire néanmoins que je me suis immédiatement retrouvée happée par ces images. Je suis tombée amoureuse de leurs couleurs, leurs lumières, leurs sujets et leurs cadrages. J’ai tout de suite compris qu’il ne s’agissait pas de simples photos de famille. Elles ont rapidement façonné l’idée que je me faisais de la photographie et m’ont poussée à poursuivre une carrière dans ce domaine. Cependant, il m’a fallu un long moment avant de penser à pouvoir en faire quelque chose. Ce n’est qu’après plusieurs années d’études et d’analyse des archives de mon grand-père que j’ai réalisé que je devais, si l’on puit dire, les partager avec le reste du monde.

Alberto di Lenardo (ed. Carlotta di Lenardo), from ‘An Attic Full of Trains’ (MACK, 2020). Courtesy the estate of the artist and MACK.

Cette découverte, alors que vous n’étiez encore qu’adolescente, a donc été l’élément déclencheur d’une véritable passion pour l’image. On parle beaucoup d’Alberto, et pour cause, mais je vois An Attic Full of Trains comme le résultat d’un travail à quatre mains pour lequel on vous doit beaucoup. Pourriez-vous nous en dire plus sur vous ? Quels impacts a eu à vos yeux cette découverte sur votre parcours par la suite, et sur la construction de la femme que vous êtes aujourd’hui ?

Ces images, et l’enthousiasme avec lequel mon grand-père les partageait avec moi, puisant dans son incroyable mémoire du détail, m’ont faite tomber en amour pour la photographie et ont conditionné toute ma vie professionnelle dans ce domaine. Je pense que le fait de regarder ces clichés m’a à la fois donné un goût particulier pour la photographie, et a inconsciemment dirigé mes préférences esthétiques. Grâce à mon grand-père, j’ai décidé d’aller à Milan pour étudier la photographie (et disons le… devenir photographe). Mais au bout d’un moment, j’ai réalisé qu’il y avait une toute autre facette de ce domaine, par laquelle j’étais bien plus attirée. J’ai alors commencé à étudier la reliure, l’éditing et la recherche iconographique. J’ai travaillé pendant trois ans dans une agence qui concevait et organisait des expositions photo et des événements. C’est là que je suis tombée amoureuse des livres de photographie, et c’est ce qui m’a menée ensuite vers Londres, pour travailler en tant que designer chez MACK (la maison d’édition qui publie An Attic Full of Trains, ndlr).

Alberto di Lenardo (ed. Carlotta di Lenardo), from ‘An Attic Full of Trains’ (MACK, 2020). Courtesy the estate of the artist and MACK.

Mon grand-père a pris tant de photos, dès son plus jeune âge et jusqu’à la fin de sa vie, que j’ai toujours eu l’impression qu’en me les transmettant, il me livrait tous ses souvenirs et ses secrets. Editer les photographies m’a pris tellement d’heures et de jours que j’ai fini par les connaître par cœur. A tel point qu’à la fin de ce travail, nous parlions de ses amis et de ses voyages comme si j’y avais été avec lui. Cela nous a en quelque sorte permis de partager ces souvenirs.

En dehors de la photographie, je dois dire que mon grand-père m’a transmis beaucoup, tant par ses images, que par les histoires qui les habitent. Je lui dois mon amour pour le voyage et l’aventure, mon envie incessante de vivre au grand air, entourée de ma famille et de mes amis. Grâce à lui, j’essaie de toujours garder un regard neuf sur les choses.

Alberto di Lenardo (ed. Carlotta di Lenardo), from ‘An Attic Full of Trains’ (MACK, 2020). Courtesy the estate of the artist and MACK.

Si j’ai bien compris, la passion de votre grand-père pour la photographie n’était pas un secret. C’est l’ampleur de sa production, qui fut, elle, plus surprenante ? 

En réalité, le plus drôle et le plus improbable dans cette histoire, c’est que mon grand-père était l’une des personnes les plus obsessionnellement organisée que j’aie connue. Il gardait tous les manuels d’instructions, pochettes plastique, boîtes ou tout ce dont il pourrait avoir besoin un jour. Dans son studio, tout était ordonné avec des étiquettes. Toutefois, pour une raison inconnue, lorsque les premiers scanners ont pris de l’essor sur le marché, il a été extrêmement excité par l’idée de pouvoir scanner ses images, et il a décidé de numériser toutes les photographies qu’il ait jamais prises, et de jeter ensuite tous les négatifs. Dans son esprit, les négatifs ne faisaient que prendre de la place dans la maison et les photographies n’étaient seulement que des souvenirs dont personne d’autre n’aurait besoin.

En outre, je n’ai jamais eu la chance d’entrer dans ses archives « physiques ». Tout ce que je possède sont des fichiers numériques… Et pour être plus précise : exactement 11 900 images. Donc je dirai que oui, l’ampleur de sa production est ce qui m’a impressionnée au départ, mais en réalité ce qui m’a vraiment surprise, c’est le nombre de « bonnes » photographies qu’il y avait dans chacun de ses dossiers.

Double page de An Attic Full of Trains, MACK éd., 2020
An Attic Full of Trains © Alberto di Lenardo (éd. Carlotta di Lenardo), MACK éd., 2020

Cheminer vers le livre

L’euphorie d’une telle découverte passée, à quel moment a émergé l’envie de créer quelque chose à partir de ces images ? Pourquoi avoir choisi le livre, plutôt qu’une exposition par exemple ?

La première chose que j’ai décidé de faire, plus pour le plaisir que pour autre chose, a été de créer, en 2016, une page Instagram où partager les images de mon grand-père. C’est grâce à cela que j’ai commencé à travailler et à réfléchir à la façon d’éditer l’énorme quantité de photographies que j’avais entre les mains. Cela a rapidement et naturellement pris la forme d’un livre, sur lequel j’ai travaillé pendant quatre ans. Je rêverai de commencer à créer et organiser des expositions à partir de ce projet […]. Je travaille actuellement dans cette direction et j’espère que cela pourra avoir lieu très bientôt.

Double page de An Attic Full of Trains © Alberto di Lenardo (éd. Carlotta di Lenardo), MACK, 2020
An Attic Full of Trains © Alberto di Lenardo (éd. Carlotta di Lenardo), MACK, 2020

Pouvez-vous m’en dire plus sur le processus de fabrication d’An Attic Full of Trains ? Plus particulièrement, à partir d’un corpus aussi vaste, comment s’est organisée la sélection des images ? 

Mon grand-père est décédé en juin 2018 alors que je vivais déjà à Londres et que je travaillais chez MACK. Le moment où j’ai appris qu’il était gravement malade a également été celui où j’ai décidé de finaliser ce projet. Je travaillais par intermittence sur le livre depuis près de quatre ans, à cause de la quantité d’images que j’avais à traiter. Honnêtement, je suis tombée amoureuse de plus de la moitié des images et je pensais qu’elles étaient toutes assez bonnes pour figurer dans le livre. Je pense que j’ai changé ma sélection et travaillé sur le séquençage jusqu’à cinq minutes avant d’envoyer le fichier à l’imprimeur !

C’est lorsque mon grand-père est tombé malade que j’ai décidé de reprendre activement le travail sur le livre et d’enfin imprimer une première maquette. J’en ai immédiatement pris un exemplaire avec moi  au bureau et l’ai montré à l’équipe de MACK qui en est rapidement tombée amoureuse elle aussi… et c’est ainsi que ce livre a pris vie. J’ai ensuite donné une copie à mon père en Italie, qui a emporté le livre avec lui lors de l’une de ses dernières visites chez mon grand-père, accompagné de ma tante et de ma grand-mère. Tous les trois se souviennent de cet instant comme l’un des derniers moments d’insouciance passé avec lui, parcourant le livre ensemble, se remémorant des souvenirs et entendant mon grand-père raconter des histoires sur chacune des images. […] Malheureusement, je n’ai jamais eu la chance de parler avec lui à propos du livre que j’ai réalisé.

Malgré tout, je suis très heureuse de dire que la sélection, la mise en page et le design de l’intégralité du livre sont de mon fait. Et c’est d’ailleurs probablement la raison pour laquelle il m’aura fallu quatre ans pour avoir un résultat final 😊

Double page de An Attic Full of Trains © Alberto di Lenardo (éd. Carlotta di Lenardo), MACK, 2020
An Attic Full of Trains © Alberto di Lenardo (éd. Carlotta di Lenardo), MACK, 2020

D’une manière à la fois très douce, mais aussi souvent pleine d’humour, beaucoup d’images semblent fonctionner en dyptique. Sans doute est-ce également dû à la maquette du livre. Cela reflète-t-il la manière dont Alberto classait ses images (si tel fut le cas), ou est-ce là une vision très personnelle que l’on vous doit ?

Lorsqu’il a scanné ses images, il a créé un fichier pour chaque pellicule et a ensuite simplement gardé tous ses dossiers dans un ordre chronologique. Puis, il a tout passé en revue et a écrit des légendes détaillées pour chacune des images. De fait, la création des diptyques et des séquences (où bien sûr il ne s’agit pas de deux images prises les unes après les autres), c’était une manière personnelle pour moi de voir et de prendre part à son voyage. Certaines des images, bien qu’elles aient été prises à plusieurs années d’intervalles ou à deux endroits opposés du monde, s’assemblaient immédiatement ensemble dans mon esprit alors que je parcourais ses archives. Dans ce projet, j’avais à cœur de rester fidèle à sa vision, tout en faisant également sentir ma présence, en apportant un nouveau regard.

Entre hommage et relecture

Double page de An Attic Full of Trains © Alberto di Lenardo (éd. Carlotta di Lenardo), MACK, 2020
An Attic Full of Trains © Alberto di Lenardo (éd. Carlotta di Lenardo), MACK, 2020

Que ressentez-vous maintenant que le projet est abouti, et livré au grand public grâce à cette publication chez MACK ?

C’est vraiment agréable de voir comment les gens réagissent à ce travail qui, évidemment, puisque la plupart des personnes photographiées sont des membres de ma famille, est vraiment très personnel. J’ai été assez surprise de voir comment la plupart des gens parvenait à s’identifier aux images et à ressentir la force de certaines d’entre elles, même sans connaître l’histoire qui se cache derrière elles.

Je crois en effet que le principal talent de mon grand-père était de choisir le bon moment et la bonne composition pour prendre une photographie. […] J’ai l’impression que le fait qu’il ait pris une photographie de sa femme, de son ami, de son enfant ou d’un parfait inconnu importe peu…. Toutes les photographies ont malgré tout une grande force en elles. Il est possible de sentir la connexion qu’il y a eu entre lui et son sujet, même si la personne photographiée n’était pas consciente d’être prise en photo. Cela fonctionne également pour les images d’objets ou de paysages… Si vous ne le savez pas, vous ne pouvez pas vraiment faire la différence entre une photographie de la maison où il a grandi, et la photographie d’une maison qu’il a simplement visitée quelques instants. Je crois que c’est la raison pour laquelle moi -en tant que membre de la famille – comme n’importe qui d’autre -en tant qu’étranger – pouvons facilement nous identifier à ses images.

Alberto di Lenardo (ed. Carlotta di Lenardo), from ‘An Attic Full of Trains’ (MACK, 2020). Courtesy the estate of the artist and MACK.

J’ai lu à plusieurs reprises des commentaires qui rapprochaient les images de votre grand-père à celles de ses contemporains comme Luigi Ghiri ou Guido Guidi. J’en parle dans l’article, même si certains rapprochements esthétiques sont assez déroutants, je pense que l’intérêt d’An Attic full of Trains est ailleurs – dans sa sensibilité, son universalité et son humour. Que pensez-vous de ces remarques ?

Je suis tout à fait d’accord ! Il y a probablement beaucoup trop de raisons pour lesquelles j‘aime ces images, ce qui peut parfois être dangereux car je ne peux pas toujours être objective lorsque je les regarde. […] Je reconnais sa personnalité dans chacune des photographies qu’il a prises et c’est, je crois, l’une des raisons pour lesquelles je suis aussi si attachée à elles. Elles reflètent fidèlement sa sérénité intérieure, un état d’esprit qu’il a toujours essayé de nous transmettre. Elles sont souvent discrètes, souvent “volées”. La plupart du temps, les sujets ne sont pas au courant qu’ils sont pris en photo, mais il y a malgré tout une forte connexion avec eux, même lorsqu’il s’agit d’inconnus. Elles sont assez romantiques mais, comme vous le dites dans l’article, subtilement drôles et ironiques. Les couleurs et la lumière y jouent également un rôle important puisqu’elles donnent une autre intensité aux émotions comprises dans les images.

Certains sujets ou certaines scènes en particulier attiraient systématiquement son regard. […] Ce qu’on peut facilement remarquer, c’est qu’il aimait vraiment les femmes et les formes des corps en général. Néanmoins, je crois qu’il y a toujours un mélange de sensualité et d’ironie dans ses photographies. Il aimait être provocateur et recevoir une réaction amusée des gens… mais pour sa défense, je dois dire que la plupart des fesses qu’il a photographiées sont celles de ma grand-mère !

Alberto di Lenardo (ed. Carlotta di Lenardo), from ‘An Attic Full of Trains’ (MACK, 2020). Courtesy the estate of the artist and MACK.

Enfin, même si l’aura de ce livre tient aussi en partie au mystère qui tourne autour de la figure d’Alberto, pourriez-vous nous en dire un peu plus sur lui ? On le sent comme un producteur boulimique d’images, passionné, drôle, habile. Quel lien entretenait-il avec la photographie, hors de sa propre pratique, et avec l’art de manière générale ?

Il était grand et agile, presque courtois dans son comportement. Il gardait toujours ses cheveux très courts et portait toujours une veste de costume, même dans la vie de tous les jours. Au premier regard, il pouvait paraître assez sévère mais il était naturellement dans son élément dès lors qu’il s’agissait de raconter des blagues…. Lorsqu’il racontait des histoires, il avait ces expressions faciales assez uniques et si drôles, qu’elles restent aujourd’hui encore gravées dans ma mémoire. Je reste fascinée par le nombre de centres d’intérêts et de passions qu’il nourrissait : les voyages, les livres, les films, les voitures, les avions et la technologie en général – qui l’a toujours charmé. Hors de la photographie, son principal hobby était de travailler sur des chemins de fer miniatures. Il passait beaucoup de temps dans son studio, enfermé, à construire et peindre des pièces de dioramas… mais je dirai que l’une des choses qu’il aimait le plus était de débattre avec ses amis et les membres de sa famille. Il était souvent celui qui lançait le débat, notamment en faisant des affirmations avec lesquelles il n’était même pas d’accord, juste pour démarrer une discussion et voir quelles étaient les opinions des gens.

An Attic Full of Trains © Alberto di Lenardo (éd. Carlotta di Lenardo), MACK, 2020

Il n’a jamais étudié la photographie et n’était pas non plus réellement passionné par le travail d’un photographe ou l’autre. Dans son immense bibliothèque, il y avait très peu de livres de photographie. Il était plus intéressé par la technique derrière l’image, et était abonné à plusieurs magazines qui parlent de technique photographique.

Je regrette souvent aujourd’hui de ne pas avoir discuté avec lui de certains aspects, de ne pas en savoir plus à propos de tout ce qu’il a connu et de tout ce qu’il a fait, et de ne pas avoir compris que nous n’avions plus assez de temps pour partager tout cela ensemble. J’aimerais qu’il revienne et qu’il me parle pendant des heures de toutes nos passions communes, qui n’ont cessé de se manifester depuis que ce travail a commencé. 

« Tout être humain photographié est toujours une photographie. »

Luigi Ghirri

Il y a bien plus à voir dans An Attic Full of Trains, qu’une histoire de famille. Objet autonome, le livre nous conte une traversée : celle d’une époque, de plusieurs continents, et de nos propres souvenirs. Accessible, tant par son format que par son prix, je retiens sa simplicité, son humilité et son humour. Tant d’atouts qui, à la lumière de cette interview, semblent habiter aussi bien l’objet que ses créateurs. 

 

Merci d’avoir plongé avec moi au cœur de cette histoire aussi intime qu’universelle. 

N’hésitez pas à me rejoindre sur la page instagram de quelque chose noir. Pour les gourmands, une photographie et une anecdote inédites sur ce travail y paraîtront bientôt !

Oh, et pour succomber, c’est par ici (UK) ou (FR).

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